lundi 21 mars 2011

Une question de vie ou de MOX



Cet article a été publié une première fois le 21 mars 2011 sur l’ancien site de la commission énergie EELV, (que j'animais à l'époque). Je le garde sur Transitio pour mémoire...


Nous avons de nouveau entendu parler du MOX en novembre 2011 lorsqu’AREVA est intervenu auprès du PS pour faire modifier l’accord qu’il venait de signer avec EELV, afin de sauvegarder son mortel élixir. Voir sur Rue 89.


L'accord PS / EELV est téléchargeable en cliquant sur l'image ci-dessous. C'est une pièce de collection !


Le MOX (Mixed Oxyde Fuel)

Peut-être avez-vous entendu parler de ce curieux combustibles MOX impliqué dans la catastrophe de Fukushima.

Il s'agit là de l'une des petites horreurs comme seule notre glorieuse industrie nucléaire française sait en concocter.

Greenpeace a révélé ce 24 mars 2011 que la France s'apprêtait à envoyer une cargaison de ce combustible si spéciale au Japon !

Voir le lien suivant : Révélation Greenpeace

Voici un descriptif de ce funeste produit que nous avons trouvé sur leur site :

Nous l'avons quelque peu complété et nous avons corrigé leur lien vers l'agence internationale pour l'énergie atomique (IAEA).

L'article original se trouve ici : Stop Plutonium

Après avoir utilisé "le retraitement" pour extraire le plutonium à des fins militaires dans UP1 à Marcoule et UP2/400 à La Hague, la France a décidé d'un très large programme de surrégénération. On allait construire des dizaines de réacteurs type Super-Phénix qui allaient produire plus de plutonium qu'ils n'allaient en consommer. On a donc décidé de construire UP2/800 (comme 800 tonnes par an) et UP3, de même capacité, mais pour les clients étrangers. Ainsi on s'est mis à extraire 16 tonnes de plutonium par an à l'usine de La Hague.

Mais ce pari fou est à oublier au plus vite. L'industrie internationale nucléaire allant d'échec en échec avec les surrégénérateurs (le sodium qui les refroidit est très délicat lui aussi à manipuler), comment justifier le retraitement, qui est la solution politique de certains pays pour faire croire qu'il existe une solution à la gestion des combustiblesnucléaires irradiés ?

Le Mox ainsi né, on réutilise une petite partie du plutonium extrait à La Hague pour le mélanger à de l'uranium neuf naturel appauvri. Ce mélange contenant environ 7% de Plutonium est chargé dans vingt réacteurs de 900MW en France. Il pose de nombreux problèmes et EDF fait savoir de plus en plus fort et publiquement qu'elle ne désire pas vraiment utiliser ce produit. Mais où irait le "marché" international du Mox si le principal électricien français n'en voulait pas ?

Au nom de cette volonté nationale, EDF participe à faire croire au bien fondé de l'utilisation d'un combustible, beaucoup plus cher. Mais qui paie de toute façon ? Vous et moi, alors...

De plus, le MOX, constitué d’une combinaison d’uranium et de plutonium, est un combustible alternatif pour les  centrales nucléaires.  L’Agence Internationale à l’Énergie Atomique (AIEA) classe le MOX comme un matériau « directement utilisable » pour la fabrication d’armes nucléaires [1]

Le géant français du nucléaire Areva, qui mène une campagne marketing agressive pour vendre l’EPR comme un technologie sûre et bon marché, propose de remplir le cœur du réacteur EPR avec 50-100 % de MOX, mais néglige les risques accrus associés avec le MOX.  Ainsi, non seulement le MOX fera augmenter  significativement le nombre de transports dangereux, mais le combustible nucléaire usagé produit par l’EPR sera plus dangereux que l’industrie nucléaire française ne veut l’admettre.


Liens vers le site de Greenpeace :

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