dimanche 23 mars 2014

La mort n'est pas un jeu




On ne peut comprendre la société dans laquelle nous vivons et la situation d’impasse dans laquelle elle se trouve, qu’en essayant de comprendre comment fonctionne le cerveau humain.

J’ai lu autrefois les ouvrages d’Henri Laborit puis de Jean-Pierre Changeux. On peut lire à présent les livres de Jean-Didier Vincent. J’ai essayé dans un article de Transitio de vous faire découvrir cette caverne platonicienne dans laquelle nous sommes prisonniers, celle du cerveau.



La compréhension du fonctionnement humain a fait d’immense progrès ces dernières décennies. Peut-être pouvons-nous nous passer (pour le moment) de comprendre les progrès de la physique quantique. Mais il me semble qu’il est de notre plus grand intérêt de comprendre comment nous pensons. Car si nous ne faisons pas cet effort, sachez que d’autres le font à notre place et que cela ne peut être qu’à nos dépends.


J’ai donc choisi de vous donner à voir cette vidéo intitulée "Le jeu de la mort" que j’ai trouvé sur le site du 4ème singe. Il s’agit d’un documentaire, réalisé en 2009, qui s’inspire de la célèbre expérience de Milgram. L’objectif de cette expérience de psychologie sociale était de mesurer le niveau d’obéissance à un ordre même contraire à la morale de celui qui l’exécute.

Voici la description que donne Wikipédia de ce documentaire : le jeu de la mort.

"Le Jeu de la mort est un documentaire écrit par Christophe Nick, réalisé par Thomas Bornot et Gilles Amado et coproduit par France Télévisions et la Radio télévision suisse1 en 2009. Diffusé pour la première fois en mars 2010, il met en scène un faux jeu télévisé (La Zone Xtrême) durant lequel un candidat doit envoyer des décharges électriques de plus en plus fortes à un autre candidat, jusqu’à des tensions pouvant entraîner la mort. La mise en scène reproduit l’expérience de Milgram réalisée initialement aux États-Unis dans les années 1960 pour étudier l’influence de l’autorité sur l’obéissance : les décharges électriques sont fictives, un acteur feignant de les subir, et l’objectif est de tester la capacité à désobéir du candidat qui inflige ce traitement et qui n’est pas au courant de l’expérience. La différence notable avec l’expérience originelle est que l’autorité scientifique est remplacée par une présentatrice de télévision, Tania Young."



Impossible que ce film passionnant ne vous fasse pas réfléchir !

Comme beaucoup de vidéos, celle-ci disparaît régulièrement (pour des raisons bien légitimes), pour réapparaître tout aussi régulièrement. Il suffit de chercher un peu.




Si le sujet de la psychologie sociale et des techniques de manipulation vous intéresse, je vous conseille d'aller visiter ces deux pages de Transitio :

Personnellement cette fascination de la mort, cette chosification du corps qui envahit notre société me donne la nausée. Raison pour laquelle les expositions de cadavres platinisés m’ont révolté et que je bous de colère à chaque fois que je vois une tête de mort sur une robe ou un sac à main. Inutile de vous dire de ce que je pense de la tentative d’imposer la fête d’Halloween en France…

Je me pose la question de savoir si cette dérive ne serait pas l’aboutissement logique de la façon dont nous traitons le monde depuis longtemps. Nous avons considéré la nature, comme une chose exploitable à volonté. Nous avons traité les animaux comme s’ils étaient des automates sans consciences, animés par leur seul instinct. Nous les incarcérons par milliers dans des usines concentrationnaires, les réduisant à une ressource protéinique à peine vivante, avant de les abattre à la chaîne. Les interminables couloirs de leurs fermes abattoirs éclairés de néons nuit et jour dans lesquels coule une insipide musique, ne ressemblent-ils pas de près ou de loin à nos cités dortoirs ou nos yeux écarquillés fixent sans pleurer d’insoutenables images à la télé ?





Je vous conseille de lire le formidable livre d’Isabelle Sorente "180 jours" qui vous donnera à penser sur ce sujet. Et aussi "Addiction générale" de la même Isabelle Sorente qui décrit notre addiction au calcul et par la même notre déshumanisation.





Et si nous essayons de redevenir aussi bons que des rats ? (Un article étonnant à lire sur Transitio)


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