samedi 26 février 2011

Pétrole Apocalypse

"Pétrole apocalypse" par Yves Cochet aux Editions Fayard


Si vous voulez savoir pourquoi l’armée américaine en 2008 et 2010 (1), ainsi que l’armée Allemande en 2010 (2) ont rédigé des rapports alarmants concernant les risques de conflits résultant de la fin du pétrole (appelée aussi déplétion) ;

Pourquoi la Ville de Bristol en Angleterre a publié en 2010 un rapport étudiant le même inquiétant sujet (3), allant jusqu’à prévoir des émeutes de la faim ;

Pourquoi la compagnie Total ne parle plus de pétrole dans ses spots publicitaires mais se lance dans le nucléaire (4) ;

Pourquoi l’institut français du pétrole (IFP) a changé de nom et s’appelle à présent institut des énergies nouvelles (5) ;

Si vous souhaitez avoir les réponses à ces questions, lisez le livre d’Yves Cochet « Pétrole Apocalypse », publié en 2005.

Transports, agriculture, plastiques, vêtements, médicaments : le pétrole est partout. C'est pourquoi son épuisement progressif prévu depuis longtemps par les géophysiciens, ne causera pas un simple choc économique,  mais impliquera la fin du monde tel que nous le connaissons.

Yves Cochet, Député Vert de Paris, est l’un des rares hommes politiques français spécialistes de la déplétion pétrolière. Son livre fait référence sur le sujet. Jusqu’à présent, hélas, rien n’est venu donner tort aux prévisions qu’il a faites en 2005…


Les documents cités sont téléchargeables par les liens ci-dessous :
(1) Rapport du Pentagone 2010 Il a été retiré su site de l'armée américaine (pour des raisons de sécurité !), mais il se trouve à présent sauvegardé ici sur Transitio !

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(2) Rapport de la Bundeswher, toujours accessible au 05/02/12, mais voici sa sauvegarde sur Transitio :

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(3) Bristol report toujours accessible au 05/02/12, mais voici sa sauvegarde sur Transitio :

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mercredi 9 février 2011

A 100 dollars le baril, on change de civilisation

Je conserve ici pour mémoire, cet excellent article d'Yves Cochet paru dans Le Monde le 27 novembre 2007 :

 « A 100 Dollars le baril, on change de civilisation »

Un article oh combien prémonitoire ! L’année suivante, en juillet 2008, le baril atteignait 147 Dollars. Et en ce jour de février 2012 où je remets cet article en ligne sur Transitio, le baril de pétrole est en moyenne à 100 dollars depuis plus d’un an !
Yves cochet, ancien ministre et député écologiste de Paris, est le seul homme politique français qui ait une vision claire de la transition énergétique dans laquelle nous sommes engagés.
Lisez son article de 2007, et vous comprendrez



A 100 dollars le baril, on change de civilisation,

A ce prix, le pétrole brut n’est pas cher, de même que le litre de super à 1,50 euro. Le cours du baril sur le marché new-yorkais retrouve aujourd’hui la cote qu’il avait atteinte en 1980, tandis que l’achat d’un litre d’essence nécessite deux fois moins d’heures de smic qu’il y a vingt-sept ans. Ces niveaux nous paraissent élevés car nous nous sommes habitués à des prix extrêmement bas entretenus par les multinationales du pétrole, puis par l’OPEP. Cette époque est révolue.
Désormais, les prix du pétrole - et ceux de toutes les énergies - seront toujours à la hausse pour trois raisons principales d’origine géologique, économique et géopolitique :

1. - Le maximum mondial de production de liquide hydrocarboné est atteint. Depuis le début de l’extraction industrielle du pétrole, la moitié des réserves originelles a été consommée. Le pétrole restant à extraire réclamant beaucoup plus d’investissement pour une qualité moindre, les prix augmenteront tandis que la production diminuera. Nous entrons aujourd’hui dans l’ère de la décroissance géologique de la production mondiale de pétrole ;

2. - La demande est structurellement supérieure à l’offre. Tout le monde veut du pétrole, source d’énergie essentielle au mode de développement industriel. Nous ne pouvons pas vivre sans, nous sommes drogués au pétrole. Cela rendra le choc pétrolier actuel plus durable que les chocs d’origine politique des années 1970 ;

3. - Le pétrole c’est la guerre. Là où il y a du pétrole, une élite dirigeante vit de sa rente - souvent aux dépens de la population - et ces pays sont visés par le comportement prédateur des grands consommateurs comme les Etats-Unis, l’Union européenne et la Chine. La guerre d’Irak est un exemple de cette pétrovoracité industrielle, comme l’a récemment avoué Alan Greenspan.
Les autres raisons sont marginales. Un cyclone tropical dans le golfe du Mexique, une grève au Nigeria, une spéculation sur le marché des matières premières... tout cela arrive parfois et pousse à la hausse.

Mais ces épisodes passés, le cours du baril ne redescend pas. Les optimistes ne peuvent pas expliquer pourquoi le baril cotait 20 dollars en 2002 et 100 aujourd’hui.
Le modèle du monde qui habite le cerveau de l’Occidental moyen est que le marché, la technologie et l’inventivité humaine parviendront à résoudre les problèmes qu’affronte l’humanité, notamment la fin des énergies fossiles à bon marché et le changement climatique. Quel aveuglement ! Si nous voulons conserver les valeurs cardinales de notre civilisation que sont la paix, la solidarité et la démocratie, nous n’avons pas d’autre choix que celui de la décroissance rapide de l’empreinte écologique des sociétés industrielles, en particulier la décroissance de notre consommation d’énergies fossiles. Contre l’évidence des limites géophysiques, les rêves des théologiens de la croissance continuent, même après le Grenelle de l’environnement.

Un premier rêve séduit les esprits productivistes : investir plus dans l’exploration permettra de découvrir et d’extraire plus de pétrole.

Hélas !, après plus d’un siècle d’exploration géologique, les ressources sont à peu près toutes connues. Depuis plus de quarante ans, le volume des découvertes annuelles diminue. Aucun investissement, aucune technologie ne créera du pétrole qui n’existe pas.
Un second rêve imagine que les progrès technologiques peuvent augmenter le taux de récupération des champs de pétrole (c’est-à-dire le pourcentage des réserves originelles par rapport au volume total en place). Ce taux est aujourd’hui de 35 %, en moyenne. /"Un gain de 1 % de taux de récupération équivaut à deux ans et demi de consommation mondiale ! Notre ambition est de le porter en moyenne à 50 %"/, affirme Andrew Gould, le PDG de Schlumberger. Mais le taux de récupération dépend essentiellement de la géologie du réservoir. Il peut varier de 3 % pour un réservoir compact fracturé à 85 % pour un réservoir poreux et perméable. Aucune technologie ne peut transformer un réservoir compact en un réservoir poreux.

D’autres rêves persistent dans l’imaginaire des croyants en la prodigalité éternelle de la nature : la technologie contribuerait à la croissance des réserves ; elle montrerait que nous avons encore 40 ans de réserves pour le pétrole, 60 ans pour le gaz, et 250 pour le charbon ; elle diminuerait les coûts d’extraction du brut. La réalité est tout autre quand on prend le temps d’examiner longuement les statistiques comme le font les experts de l’ASPO (Association for the Study of Peak Oil). Ce qui compte, en effet, n’est pas le nombre d’années de réserves, mais le moment où l’extraction atteindra un pic, puis déclinera inéluctablement. Pour le pétrole, nous y sommes.

Un dernier rêve s’exprime comme une évidence de bon sens matinée de credo scientiste : la technoscience trouvera des énergies de substitution lorsque la production de pétrole déclinera. Or existe-t-il une énergie aussi concentrée, aussi bon marché, aussi transportable, aussi répandue, aussi facile et universelle d’usage que le pétrole ?
Aucune. Les avions ne décollent pas avec de l’uranium ou de l’éolien. Ni avec des agrocarburants (éthanol, diester), dont l’engouement actuel est dû au lobby betteravier et céréalier, au mépris de tout bilan écologique et énergétique.

Le pétrole est un ensemble de molécules merveilleuses qui ont permis la fabrication et la diffusion de milliers d’objets et de services dans notre vie quotidienne (véhicules, aliments, médicaments, plastiques, textiles...) et c’est aussi une matière puante et polluante dont il faut nous sevrer rapidement sous peine de chaos écologique, économique et social.
La seule politique susceptible d’éviter cette catastrophe est celle de la sobriété, c’est-à-dire la décroissance franche et régulière de la consommation de pétrole dans les pays de l’OCDE. Cette politique n’est pas une adaptation légère due à un souci technique passager, c’est un changement de civilisation dû à la fin du monde tel que nous le connaissons.


Je vous invite à lire mon article sur son livre "Pétrole Apocalypse" paru en 2005.

P.S.:
Le baril a atteint 126 dollars le 13 mars 2012 : 


Des algues pour absorber le CO2 du charbon


J’ai conservé pour mémoire cet article de l’ancien site de la commission énergie des Verts...

Il s'agissait d'un article de 2008 que j’avais trouvé sur le site "glomalwarmingisreal.com" et qui parlait de produire du carburant avec des algues se nourrissant de CO2.

Voici le lien vers l'article en anglais :

Et voici ma traduction. N’hésitez pas à cliquer sur les liens hypertextes.














Article d’Angelique van Engelen du 21 août 2008.

Le développement de fermes d’algues pour éliminer le dioxyde de carbone qui s’échappe des cheminées de combustion des centrales électriques au charbon est une perspective réelle aux Etats-Unis, selon les intervenants d’une conférence organisée par l’industrie houillère.

La conférence de Louisville Coal-Gen 2008 a présenté des intervenants expliquant quels procédés chimiques transformaient le carbone du charbon d’un matériau dangereux en un produit rentable, du carburant biodiesel. Voilà de bonnes nouvelles pour l’industrie du charbon, qui est elle-même de plus en plus au centre du débat sur le réchauffement climatique.

Les algues pourraient être une alternative sérieuse à la capture du carbone et à son stockage souterrain, une méthode qui selon les spécialistes figure parmi les plus viables des options efficaces pour réduire les émissions de carbone des centrales au charbon.
Des exploitations rurales pourraient cultiver des algues qui se développeraient à partir des fumées des centrales au charbon en absorbant le dioxyde de carbone naturel. Les experts estiment qu’une ferme de 100 acres d’algues (161.8 hectares) peuvent produire 4 millions de gallons (15.141 m3) de carburant par an. C’est un meilleur rapport que d’autres cultures telles que le biodiesel de soja.

L’un des intervenants, Robert Healy, consultant en ingenierie de construction à Burns & McDonnellMo, a déclaré que les cultures d’algues ont un avenir, non seulement en raison de leur utilisation dans le secteur de la combustion du charbon, mais aussi parce qu’elles peuvent être transformées en biodiesel. Selon Healy, les algues sont plus attrayantes que les huiles pour une utilisation comme carburant biodiesel. Un autre avantage supplémentaire est que ces matériaux, peuvent être convertis en aliments pour animaux ou d’autres produits.

Au lieu d’aller à la dépense pour du stockage souterrain de carbone capté à partir de centrales au charbon, transformer ces déchets en un produit commercialisable est très possible, a déclaré Healy aux participants de la conférence, qui comptait environ 4.000 personnes. Mais il a averti que les algues ne sont pas efficaces à 100% comme moyen de capter les émissions de carbone des centrales électriques.

Deux sociétés testent déjà le procédé, NRG Energy, le NJ Princeton, et GreenFuel Technologies, qui utilisent les algues pour recycler les émissions de co2 d’une façon sûre et économique pour produire en continu du carburant propre et renouvelable depuis la centrale électrique à charbon de 1.489 mégawatts à New Roads, en Louisiane. E. ON, la compagnie d’électricité allemande, évalue également le procédé chez Louisville Gas and Electric Co. et Kentucky Utilities Co.

Une autre preuve que la solution d’algues est prometteuse est le projet de grande envergure, que le gouvernement américain a commencé sous Jimmy Carter en 1978. LeAquatic Species Program du ministère de l’Énergie avait fermé en 1996 seulement parce que les chercheurs impliqués avaient conclu qu’il ne pouvait s’avérer compétitif par rapport au coût du pétrole. Cependant, le prix du pétrole est désormais trois fois plus élevé que du temps où le projet a avorté.

Par ce lien vous pourrez lire un autre article sur ce thème et visionner une vidéo (le tout en anglais, désolé) :

Vous trouvez ce projet intéressant ou ridicule ? Il existe actuellement un projet similaire en région parisienne, destiné à produire des oméga 3 dans les façades d’un immeuble qui utiliserait les fumées d’une centrale thermique...

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L'idée a fait son chemin depuis. Nous en reparlerons bientôt sur d'autres pages du site.
En attendant, vous pouvez aller visiter cet article du site Enerzine.com publié le 7 janvier 2011 qui parle de la société BFS et de son biopétrole.
Ou encore mieux, visiter le site de BFS