lundi 31 janvier 2011

2004, aveux du ministre des "réformes sous la contrainte"


Une autre façon de penser la transition…


Certains esprits critiques tourmentés prétendent que la dette des états est une crise fabriquée par le système néolibéral dans le but d’imposer aux peuples des réformes qu’ils n’auraient jamais acceptées autrement. Ils fondent leurs dires sur les « mauvaises lectures » d’ouvrages écrits par Chomsky ou Naomie Klein et ils exposent de paranoïaques théories du complot dans leurs sites web fort heureusement surveillés par la sécurité d’état.


Bon d’accord. Mais des fois, on finirait quand même par se demander…

Par exemple, on peut encore trouver parfois sur le web, à droite ou à gauche (plutôt à gauche) des traces de l'article écrit par Emmanuelle VEIL dans le CHARLIE HEBDO du 27 octobre 2004.
Il parle d’une soirée qui aurait eu lieu en 2004 devant les ultralibéraux de la Fondation Concorde.
Le ministre de la Réforme de l'État Renaud Dutreil s'était lâché et avait dit tout le bien qu'il pensait des fonctionnaires.



Renaud Dutreil en 2007 à Charleville-Mézières, pour le "discours à la France qui souffre"...
Photo provenant du site "Arrêt sur image"


Voici l’extrait que j’ai trouvé :

Discours du Ministre à la Conférence du 20 octobre organisée par la Fondation Concorde. Extraits :

Le restaurant Pépita, situé à proximité des Champs-Élysées était rempli, mercredi 20 octobre, d'une soixantaine de costumes-cravates à la mine cireuse, venus assister à un petit déjeuner-débat avec Renaud Dutreil, ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'État. Cette conférence était organisée par la Fondation Concorde, think tank ultra-libéral proche de Jacques Chirac.

Florilège des déclarations du ministre sur le thème de prédilection de la droite : "Comment insuffler le changement".


« Comment insuffler le changement ».

« Les retraités de la fonction publique ne rendent plus de services à la nation. Ces gens-là sont inutiles, mais continuent de peser très lourdement. La pension d'un retraité, c'est presque 75% du coût d'un fonctionnaire présent. Il faudra résoudre ce problème. »
« À l'heure actuelle, nous sommes un peu méchants avec les fonctionnaires. Leur pouvoir d'achat a perdu 4,5% depuis 2000. »
« Comme tous les hommes politiques de droite, j'étais impressionné par l'adversaire. Mais je pense que nous surestimions considérablement cette force de résistance. Ce qui compte en France, c'est la psychologie, débloquer tous ces verrous psychologiques. »
« Le grand problème de l'État, c'est la rigidité de sa main-d’œuvre. Pour faire passer un fonctionnaire du premier au deuxième étage de la place Beauvau, il faut un an. Non pas à cause de l'escalier [rires dans la salle], mais des corps. Il y a 1400 corps. 900 corps vivants, 500 corps morts [rires], comme par exemple l'administration des télécoms. Je vais les remplacer par cinq filières professionnelles, qui permettront la mobilité des ressources humaines : éducation, administration générale, économie et finances, sécurité sanitaire et sociale. Si on ne fait pas ça, la réforme de l'État est impossible. Parce que les corps abritent les emplois inutiles. »
« C'est sur l'Éducation nationale que doit peser l'effort principal de réduction des effectifs de la fonction publique. Sur le 1,2 million de fonctionnaires de l'Éducation nationale, 800 000 sont des enseignants. Licencier dans les back office de l'Éducation nationale, c'est facile, on sait comment faire, avec Éric Woerth [secrétaire d'État à la Réforme de l'État] on prend un cabinet de conseil et on change les process de travail, on supprime quelques missions. Mais pour les enseignants, c'est plus délicat. Il faudra faire un grand audit. »
« Le problème que nous avons en France, c'est que les gens sont contents des services publics. L'hôpital fonctionne bien, l'école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d'une crise majeure - c'est ce que fait très bien Michel Camdessus -, mais sans paniquer les gens, car à ce moment-là ils se recroquevillent comme des tortues. »

NB : Michel Camdessus, ancien président du FMI (celui-là même qui a conduit l'Argentine et l'Afrique sur la voie de la banqueroute grâce à ses injonctions ultra libérales à récemment remis à N. Sarkozy, sur la demande de ce dernier, un rapport sur ce qui peut être résumé par l'état catastrophique de la France sur le plan économique mondial à cause (forcément) des fonctionnaires, des syndicats, de la gauche et des lois qui tuent toute initiative entrepreneuriale.


C’est édifiant non ?

Mais peut-être avez-vous oublié qui était Renaud Dutreil ? Voici quelques liens qui vous en apprendront un peu plus sur lui :
Et puis cet article amusant qui raconte comment se député un peu particulier a pris sa retraite à New-York :

Je ne puis résister au plaisir de vous dire encore un mot de la fameuse fondation Concorde. Car imaginez-vous qu’elle existe vraiment ! Alors n’hésitez pas, allez sur son site et régalez-vous de la lecture de leurs documents. Ces gens écrivent des comptes-rendus d’une puérilité désarmante mais ils semblent vraiment se prendre  au sérieux. Lisez par exemple leur fascicule qui prétend vouloir libérer les fondations, c’est pathétique :


Une autre façon de penser la transition...

lundi 24 janvier 2011

Nucléaire : et maintenant, la mer !

Voici un communiqué bien compréhensible d'Europe Ecologie Les Verts à propos d'un projet fou de nos nucléocrates !


Une mini-centrale nucléaire sous-marine !













Le lobby du nucléaire ne désarme pas. Après l'EPR, qui s'avère d'ores et déjà un échec technologique et commercial, Astrid nouveau nom pour le clone de superphénix, ITER...  il revient avec un nouveau produit  miracle. Le Flexblue est la dernière trouvaille proposée par le groupe de construction navale DCNS qui vient de lancer ce projet destiné à alimenter en électricité les îles et régions isolées. Ce n'est rien d'autre qu'une petite centrale nucléaire immergée... Pourtant rien de nouveau à part le fait de prendre le risque d'irradier encore un peu plus la mer.

Elles seraient comme les centrales terriennes alimentées par l'uranium, et engendreraient donc les mêmes déchets et risques. Immergées entre 60 et 100 mètres, elles ne seraient pas à l'abri des attentats, des fuites et autres accidents avec toutes les conséquences sur la faune, la flore, l'humain. Elles coûteraient bien entendu encore plus cher...

Un rêve d'ingénieur fan de Jules Verne qui mobilise d'ores et déjà des crédits de recherche... comme tant d'autres.

On pourrait en rire, mais quand dans le même temps le Gouvernement atermoie sur l'éolien off-shore au motif de l'opposition des pêcheurs ou du coût trop élevé, des risques pour l'écosystème marin... ça devient pathétique. 

Il serait tellement plus simple de mettre nos moyens financiers, humains, technologiques au profit d'une nouvelle politique de l'énergie : économies d'énergie, développement des énergies renouvelables propres et inépuisables.  Ca a probablement échappé à nos « savants » mais l'éolien off-shore existe, lui, il est disponible et expérimenté.

Pour Europe Ecologie / Les Verts ce type de projets confirme qu'il est urgent d'entamer la sortie, et dé-nucléariser l'imaginaire.
Djamila Sonzogni, Porte-parole
Hélène Gassin, Vice-présidente du Conseil régional Ile-de-France, chargée de l'environnement, de l'agriculture et de l'énergie


samedi 1 janvier 2011

Il faut sauver le soldat Jancovici et ses amis !

Il faut sauver le soldat Jancovici et ses amis !


J’avais écrit ce billet d’humeur et d’humour lorsque je m’occupais de l’ancien site de la commission énergie d’Europe Ecologie Les Verts. Je le voulais comme une réponse à un article publié le 23 mars 2011 par Jean Marc Jancovici dans le Nouvel Observateur, mais il s’adressait en fait à toutes les brebis égarées, qui chez les écologistes, soutiennent le nucléaire.

Si, si, il y en a ! C’est fou ce que la peur irraisonnée du CO2 peut égarer certains esprits qui se veulent éclairés ! L’article est long car je suis un peu bavard, c’est là mon moindre défaut…

Je vous conseille de lire également sur le même sujet ou presque cet excellent article publié par OWNI : http://owni.fr/2011/03/20/fukushima-toi-aussi-relativise-les-dangers-du-nucleaire-avec-jancovici/


Un paralogisme est un raisonnement faux, fait de bonne foi. C’est par sympathie envers M. Jancovici que je qualifie ainsi l’argument exposé en début de son article « Energie : les choix faciles, c’est fini »
Celui-ci se trouve également sur son fameux site "Manicore".
Dire en effet une énormité comme : « Le nucléaire est bien moins dangereux que la chimie ou le charbon, Tchernobyl (bien plus grave que Fukushima) a fait 10 à 100 fois moins de morts que l’explosion d’une usine de pesticides à Bhopal (Inde) en 1984. »

C’est comme dire « La variole est moins dangereuse que la grippe saisonnière car elle fait moins de morts chaque année ». Ou encore : « il y a plus de morts par noyade que par irradiation, l’eau est donc plus dangereuse que le plutonium » en conséquence de quoi, interdisons les bains de mer (surtout au large de Fukushima).

Ce genre de raisonnement bancal choque la raison et présente même un caractère d’indécence, si on ne l’excuse pas par la bonne foi de son locuteur.
Je veux croire en effet que M. Jancovici est de bonne foi lorsqu’il affirme péremptoirement cette énormité  sans cesse rebattue par les ardents thuriféraires du nucléaire. Je suis même prêt à croire qu’il ne connaît pas les chiffres du véritable décompte des victimes de Tchernobyl (1), qui s’avère être très largement supérieur à celui des victimes de Bhopal (2), qu’il cite en exemple. Il est vrai que l’accord WHA 12-40 (3) qui lie l’OMS et l’AIEA depuis plus de 50 ans n’a pas dû aider à la diffusion de ces chiffres…

Tout me choque dans ce texte, jusqu’à cette étonnante affirmation qui le clôture, à savoir que nos acquis sociaux dépendraient de notre économie dite de l’énergie facile !
Alors oui, nous devons sauver M. Jancovici, ainsi que nombre des brebis égarées qui même au sein des rangs écologistes se laissent séduire par les fatales sirènes du nucléaire. Quand je pense que certains parmi nous se sont fait inviter à Copenhague par le lobby nucléaire sous prétexte que cette radieuse énergie aiderait à lutter contre le réchauffement climatique !

Et pire encore, imaginez qu’il existe une association d’écologistes pour le nucléaire écologique ! Non vous ne rêvez pas, c’est pire que la secte du temple solaire ou les Raeliens !
Je ne suis pas un bisounours (gentille insulte en vogue actuellement). La  fin inexorable des énergies fossiles et le mal français de l’addiction au nucléaire, je suis au courant de tout cela depuis bien longtemps, merci. Et c’est même la perspective de cette formidable crise énergétique que je vois arriver depuis plusieurs années, qui m’a décidé à adhérer chez les Verts et à participer à sa commission énergie.
J’ajouterai même que, et je vais en choquer beaucoup parmi ceux que l’on appelle les « peakistes », que l’industrie du nucléaire combat du même côté que l’industrie du pétrole, mais en des endroits différents du champ de bataille. Pour des raisons évidentes, ce sont les compagnies pétrolières ont été les premières à tirer la sonnette d’alarme de la fin du pétrole et ce n’est pas pour rien qu’elles investissent tant à présent dans le nucléaire (4). Ces compagnies sont mues par la même logique aveugle, le profit avant tout. Et les moyens d’ingénierie sociale dont elles disposent pour nous abrutir sont colossaux.
Les écologistes se sont rués avec un bel enthousiasme dans la croisade du CO2, trop contents de pouvoir en découdre avec leurs adversaires habituels, sans se poser vraiment la question de savoir d’où leur venaient certains renforts. Et lorsque celle-ci sera terminée, il sera trop tard, nous serons tous cernés de centrales nucléaires flambant neuves. Les moins naïfs se sont tus, parce qu’ils se disaient fort justement que la lutte contre le CO2 allait permettre d’amortir le choc de la fin du pétrole en économisant sur sa consommation. D’autres se sont peut-être souvenus que les jugements faux sont parfois les plus aptes à nous sortir de situations difficiles (5). Mais peut-être est-il temps à présent de faire une pause sur le bord du chemin et de réfléchir un peu.

Je me doute que ce ne sera pas facile pour tout le monde, car certains d’entre-nous parmi les meilleurs ont consacré une bonne part de leur vie à ce trop juste combat. (Attention, ne me faites pas dire que je nie le risque de catastrophe que pourrait provoquer ce nouveau changement climatique !!!).
J’imagine déjà la colère de certains…
Je sais que ce que nous prenons pour nos opinions ne sont la plupart du temps que les reflets de nos craintes. Raison pour laquelle je ne diabolise pas tous les gens qui défendent le nucléaire. Et je sais aussi que si par miracle la décision de sortir de cette impasse était prise, il nous faudrait plusieurs décennies pour nous en débarrasser.

Je suis conscient également de ce qui motive ma propre opinion. Je l’avoue, ce que je sais du nucléaire m’inspire plus de craintes que ce que je sais du réchauffement climatique. Cela vient peut-être du fait que j’ai plus de cinquante ans et que les gens de ma génération ont eu à l’école des cours de sciences naturelles et de géographie durant lesquels ils ont appris que les climats n’avaient jamais cessé de changer depuis l’aube des temps et parfois très brusquement. Et j’ai la faiblesse de penser, je l’avoue à ma grande honte, qu’à l’exemple de nos ancêtres il nous sera peut-être moins difficile de nous adapter à ce énième changement climatique que de parcourir hagards, compteurs Geiger à la main des contrées irradiées (c’est mon côté optimiste). Vous aurez beau me faire regarder en boucle l’hollywoodien « jour d’après », que je n’arriverai pas à avoir autant peur qu’en regardant un reportage sur Tchernobyl juste 5 minutes. Je n’y peux rien, c’est comme le vertige, cela ne se commande pas. Je peux donc imaginer comment vous vivez vos propres peurs.
Ayant donc conscience de tout cela, je propose que nous arrêtions de courir dans tous les sens les cheveux dressés sur la tête en criant qui au climat, qui au peak oil, et que nous profitions du temps qui nous est imparti pour réfléchir aux solutions urgentes qui s’imposent. Nous avons tout de même quelques années devant nous, pas beaucoup certes, mais tout de même quelques décennies. Et de grâce, arrêtons d’affoler les gens comme des prophètes de malheur !

Arrêtons de nous faire peur et de faire peur. Il est vrai que depuis toujours la peur fut le moyen le plus couramment utilisé lorsque l’on renonçait à convaincre par la raison. Mais  ayons la décence de respecter ceux qui veulent bien nous écouter en ne nous adressant qu’à leur seule raison. N’utilisons pas des méthodes que nous reprocherions aux autres !

Imaginez qu’une fois de plus, les experts se soient trompés, de quoi aurions-nous l’air ? Qui se souvient du prix Nobel de physiologie et de médecine donné à Alexis Carrel pour sa théorie de l’eugénisme ? « substituer des concepts scientifiques de la vie aux anciennes idéologies ; développer harmonieusement dans chaque individu toutes ses potentialités héréditaires ; supprimer les classes sociales et les remplacer par des classes biologiques, la biocratie au lieu de la démocratie » écrivait-il dans son best seller mondial « L’homme, cet inconnu ». Il fut adulé par toutes les élites de l’époque. Ce livre est paru en 1935. On sait comment quelques années plus tard avec quels "moyens" le traitement des classes biologiques a été réalisés par de zélés sectateurs…
Comme il est difficile de tempérer l’enthousiasme légitime de certains ingénieurs envers la science et la technique !

Mais revenons à l’écologie…

L’écologie, c’est l’avenir. Si nous voulons en convaincre les gens, soyons nous-mêmes convaincus, confiants et optimistes. Les nucléocrates séduisent justement par la confiance inébranlable qu’ils accordent à leur fatale énergie.

Le nucléaire est une énergie désuète, celle que nos grands parents traumatisés par la débâcle française de 40 ont trouvée pour sanctuariser le territoire. C’est une énergie contre nature et surtout sans avenir.
Mais ma digression m’a presque fait oublier ce pauvre Jancovici. Peut-être parce que j’ai déjà eu l’occasion de l’écouter en conférence et que je l’ai vraiment trouvé excellent dans sa présentation de la situation énergétique mondiale. Il a un vrai talent. Et je reconnais que l’on peut garder de son texte le titre qui est vraiment très bon : « Energie : les choix faciles, c’est fini ».

Raison pour laquelle je répète mon appel solennel pour le sauver, lui et ses amis, des griffes de l’hydre atomique !

Il faut sauver le soldat Jancovici ! et ses amis !

Merci à ceux qui ont lu jusqu'au bout (je sais que c'était un peu long).


Notes
(1) Tchernobyl : En septembre 2005, un colloque de l'OMS avait abouti à un chiffre extravagant démontrant la mainmise du lobby nucléaire: il n'y aurait eu que 4000 morts liés à la catastrophe de Tchernobyl. Une position qui avait été dénoncée comme «négationniste» par les associations de défense de l'environnement. Vu le tollé, l'OMS avait ensuite quadruplé ces estimations, sans fournir d'explication à ce sujet. Le chiffre «officiel» est donc aujourd'hui de 16 000 décès.
Bien loin des chiffres réels, les travaux sur le terrain menés en Ukraine – lieu de la catastrophe–, en Biélorussie et en Russie – pays qui ont subi de plein fouet le retombées radioactives – donnent des chiffres beaucoup plus élevés: entre 600 000 et 900 000 vies perdues.
(2) Bhopal : Cet accident industriel tua officiellement 3 500 personnes, mais fit en fait entre 20.000 et 25.000 décès selon les associations de victimes.
Source : Wikipedia
(3) Accord WHA 12-40 Source : Wikisource.org
(4) Total s’invite dans le nucléaire : Source : Transitio
(5) " Nous ne voyons pas dans la fausseté d'un jugement une objection contre ce jugement ; c'est là, peut-être, que notre nouveau langage paraîtra le plus déroutant. La question est de savoir dans quelle mesure un jugement est apte à promouvoir la vie, à la conserver, à conserver l'espèce, voire à l'améliorer, et nous sommes enclins à poser en principe que les jugements les plus faux sont les plus indispensables à notre espèce, que l'homme ne pourrait pas vivre sans se rallier aux fictions de la logique, sans rapporter la réalité au monde purement imaginaire de l'absolu et de l'identique, sans fausser continuellement le monde en y introduisant le nombre. Car renoncer aux jugements faux serait renoncer à la vie même, équivaudrait à nier la vie. Reconnaître la non-vérité comme la condition de la vie, voilà certes une dangereuse façon de s'opposer au sens des valeurs qui a généralement cours, et une philosophie qui prend ce risque se situe déjà, du même coup, par-delà bien et mal. "
Source : Friedrich Nietzsche « Par-delà le bien et le mal »(1886), I, 4,