samedi 10 décembre 2011

Via Romandie.com : « La fin du pétrole ? Pas tout de suite, répondent les industriels »


Pour quand les dernières gouttes ?


Afin de ne pas être accusé de donner dans le catastrophisme (ce que je reproche souvent à mes amis écologistes), je me fais l’écho de cette dépêche de l’AFP rapportée par le site Romandie.com :"La fin du pétrole n’est pas pour tout de suite", voilà une bonne nouvelle !

Mais ce qui est pour tout de suite, par contre, c’est la fin du pétrole pas cher…

Et la date de la dernière goutte de pétrole ne sera péniblement reportée qu'à la condition de chercher le pétrole dans l'Arctique, les eaux profondes du Brésil, du Golfe du Mexique, du Golfe de Guinée mais aussi sur l'Afrique de l'Est ou sur les sables bitumineux du Canada.

Les sables bitumineux du Canada, vous savez, le cauchemar écologique ! Cette région massacrée où Total a même envisagé d’installer une centrale nucléaire pour y extraire plus aisément le funeste bitume ! 
Lisez pour preuve, sur cette page de Transitio, la présentation du 25 octobre 2008 réalisée à l’attention du cercle des actionnaires de Total (Téléchargez le "pdf").

Alors le pétrole ? Combien de temps encore ? A quel prix ? Et pour qui ?

Si tout doit continuer d'aller pour le mieux, ce sera uniquement pour les "industriels du pétrole", n'en doutons pas...


Voici l'article :


"La fin du pétrole ? Pas tout de suite, répondent les industriels"


DOHA - Un jour, il n'y aura plus de pétrole. Oui, mais pas tout de suite: les réserves mondiales d'or noir ont gonflé ces dernières années et la tendance devrait se poursuivre, selon les industriels, même si la production, elle, risque d'avoir du mal à suivre.

Dire à quelqu'un qu'il va mourir n'est pas une prédiction, c'est une tautologie. Ce qu'il veut savoir, c'est quand, et comment, résume Nasser Al Jaidah, le PDG de la compagnie Qatar Petroleum International, lors du Congrès pétrolier mondial de Doha qui s'est penché sur la question.

Sur un coin de table, le calcul est très simple: les réserves mondiales de pétrole --prouvées-- étaient de 1.383 milliards de barils fin 2010, selon la BP Statistical Review. L'an dernier, il s'en est brûlé 31,9 milliards. Une division, et le verdict tombe: en 2053, le monde sera à court de pétrole.

Trop simple, évidemment. D'autant qu'en 2000, le même calcul donnait pour résultat... 2040. Autrement dit, en dix ans, le monde s'est offert 13 années de plus à pomper sa dose d'huile préférée.

Si des gisements anciens s'épuisent, le monde pétrolier a désormais les yeux braqués sur l'Arctique, les eaux profondes du Brésil, du Golfe du Mexique, du Golfe de Guinée mais aussi sur l'Afrique de l'Est ou sur les sables bitumineux du Canada. Charge à lui de convaincre que ces nouveaux horizons sont aussi ceux de l'humanité...

Il faut bien se rappeler que de grandes parties du globe n'ont jamais été explorées, même dans de grands pays pétroliers comme l'Iran ou l'Arabie saoudite, souligne Noé Van Hulst, secrétaire général du Forum énergétique international (IEF).

En outre, on ne sait pour l'heure extraire que 35% du pétrole d'un gisement, ce qui pourrait changer en cas de percée technologique, souligne-t-il. Et chaque pourcent de plus, c'est deux années de consommation supplémentaires.

Avant de se risquer à calculer une date de déplétion -- l'épuisement des réserves en anglicisme pétrolier-- les experts de l'or noir, des industriels aux environnementalistes, se penchent sur celle du peak oil, le pic pétrolier où la production atteindra son niveau maximal.

A Doha, le PDG de Total Christophe de Margerie a expliqué que le groupe prévoyait que la production de pétrole brut plafonne à 95 millions de barils par jour (contre 82 millions l'an dernier) au cours de la décennie 2020-2030.

La suite, c'est un point d'interrogation, concède-t-il, tout en se disant optimiste. Il y a beaucoup de ressources, le problème c'est d'extraire les ressources, a résumé le patron français.

A chercher toujours plus profond, dans des zones toujours plus inhospitalières, avec des technologies toujours plus complexes, les coûts explosent. C'est la fin du pétrole bon marché, reconnaît M. de Margerie.

Est-ce qu'à la place du +peak oil+, il ne faut pas parler plutôt de +peak money+ (pic d'argent), s'interroge à Paris Claude Mandil, ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

On a du pétrole, on a du gaz, mais on n'a plus l'argent pour aller le chercher, souligne l'expert.

L'AIE, le bras énergétique des pays développés, estime en effet à la somme inconcevable de 38.000 milliards de dollars (27.700 milliards d'euros) d'ici 2035 les investissements nécessaires dans le domaine de l'énergie -- soit chaque année 1.500 milliards ou encore 2,5% de la richesse mondiale.

Car l'offre n'est pas le seul problème. Tirée par les géants en développement --Chine, Inde, Brésil...--, la demande devrait dépasser 99 millions de barils par jour en 2035, selon l'AIE. Biocarburants ou gaz transformés en carburants devraient aider à suivre, mais la pression sur le brut sera forte.

Les grands scénarios internationaux prévoient tous que le pétrole et le gaz restent les sources de la majorité de l'énergie mondiale dans les 20 à 30 ans à venir, proches de leurs 54% actuels.

Source :

mardi 18 octobre 2011

En finir avec le nucléaire, pourquoi et comment

Benjamin Dessus et Bernard Laponche viennent de publier au Seuil un excellent livre dont je vous conseille la lecture : « En finir avec le nucléaire, pourquoi et comment. »













Ce livre clair et concis démontre la nécessité et la possibilité d’en finir avec le nucléaire.

Il commence par réfuter les arguments spécieux des partisans du nucléaire sur l’indépendance énergétique Prétendue, sur la sûreté et la sécurité, qui seraient un privilège unique de la technologie nucléaire française, sur le coût du kWh nucléaire, largement sous-évalué, sur les marchés étrangers juteux, fortement surestimés, sur le contrôle grâce au nucléaire des émissions de gaz à effet de serre, marginal, sur la question des déchets, nullement réglée.

Il expose les raisons pour lesquelles il faut sortir du nucléaire : le risque inacceptable d’un accident majeur dont les conséquences catastrophiques sont démontrées par Tchernobyl et Fukushima, la production de déchets radioactifs extrêmement dangereux pour des siècles et des millénaires, l’utilisation et la diffusion de techniques permettant la prolifération des armes nucléaires.

Il replace ensuite la sortie du nucléaire dans le cadre d’une transition énergétique que les inégalités de la consommation mondiale et les problèmes écologiques globaux rendent indispensable. Alors que la situation singulière de notre pays nous mène à l’isolement et à l’impasse, les auteurs proposent un scénario raisonné de sortie du nucléaire, fondé sur un autre mode de consommation et de production de l’électricité et discutent les conditions politiques et sociales de la transition.


Benjamin Dessus : Ingénieur des télécommunications et économiste, il a travaillé à EDF, à l’Agence française pour la maîtrise de l’énergie (AFME) et au CNRS. Spécialiste reconnu des questions énergétiques, il préside actuellement Global Chance, association d’experts indépendants dans le domaine de l’environnement, de l’énergie et du développement.

Bernard Laponche : Polytechnicien, docteur ès sciences, il a travaillé au Commissariat à l’énergie atomique et été responsable syndical à la CFDT dans les années 1960 et 1970, puis directeur général de l’AFME et conseiller technique de Dominique Voynet. Il est maintenant consultant international dans le domaine de l’énergie.

Un livre très bien écrit, à lire absolument !

Transition énergétique et sortie du nucléaire













Invité par le groupe local EELV de Boulogne Billancourt, Bernard Laponche a donné le 11 octobre 2011 une conférence sur la transition énergétique et la sortie du nucléaire.

Polytechnicien, docteur ès sciences, Bernard Laponche a travaillé au Commissariat à l’énergie atomique et a été responsable syndical à la CFDT dans les années 1960 et 1970, puis directeur général de l’AFME et conseiller technique de Dominique Voynet. Il est maintenant consultant international dans le domaine de l’énergie.

Il vient d'écrire avec Benjamin Dessus un excellent livre publié au Seuil : "En finir avec le nucléaire, pourquoi et comment." Je vous en conseille la lecture !

Le public venu nombreux a eu la chance d'assister à une conférence passionnante. Bernard Laponche a su en effet expliquer la nécessité de la transition énergétique et il a également réussi à démontrer d'une manière objective l'impasse technologique que représentait le nucléaire

Bernard Laponche, que je remercie, m'a communiqué la présentation de sa conférence accompagnée de son texte de support général, que je mets sur cette page à votre disposition.


Cliquez sur les images ci-dessous pour télécharger les documents en format "pdf".

vendredi 30 septembre 2011

Scénario Négawatt 2011



Négawatt est l’association qui fait référence sur le sujet de la transition énergétique.


Allez vite visiter leur site et découvrez leur scénario de transition qui repose sur les 3 piliers suivants :Sobriété, efficacité et renouvelables !


Ils viennent de publier l’édition 2011 de ce scénario et mettent les documents suivants à disposition sur leur site :


Supports de présentation de la conférence du 29 septembre :
  • Partie 1 : Fondamentaux, Méthodologie, Demande d'énergie (PDF 4,2 Mo)
  • Partie 2 : Production d'énergie, Bilans (PDF 11,1 Mo)
  • Partie 3 : Impacts économiques, emplois (PDF 600 Ko)


Voici un extrait de la présentation qu’ils font de leur démarche :

En matière d’énergie, toutes les prévisions restent fondées sur l’hypothèse que la croissance économique des années passées va continuer au cours du 21e siècle.

Comme si...

Comme si cette croissance pouvait perdurer à jamais dans le cadre limité de notre biosphère.

Comme si notre consommation d’énergie devait croitre indéfiniment, et la production correspondante indéfiniment suivre !


Pourtant, à l’évidence, ce n’est pas possible :
  • les réserves d’énergies fossiles sont dérisoires : quelques décennies de pétrole et de gaz au rythme de consommation actuel, un peu plus pour le charbon. C’est très peu au regard du temps nécessaire à la transformation de nos systèmes énergétiques ;

  • même les prévisions les plus “optimistes” du Conseil Mondial de l’Énergie évaluent au maximum à 8 % la part du nucléaire dans le bilan mondial en 2050. L’énergie nucléaire n’est donc une solution ni au problème de l’effet de serre, ni à l’épuisement des énergies fossiles. Quelle que soit sa contribution future, le problème des déchets et le risque d’un accident majeur constitueront toujours une menace considérable, et la prolifération des matières radioactives une entrave à la paix ;

  • la plupart des technologies promettant l’abondance énergétique (fusion, centrales solaires sur orbite, surgénérateurs...) ne verront au mieux le jour que dans un demi-siècle. Si tant est qu’elles puissent tenir leurs promesses, elles seront de toutes façons très coûteuses. L’humanité ne peut faire le pari d’attendre les bras croisés : nous devons agir dès aujourd’hui ;

  • le spectre de la pénurie dans les pays riches conduira de plus en plus à la guerre pour le contrôle des ressources d’énergie. Si rien ne change, toutes les stratégies énergétiques mondiales mèneront à la marginalisation définitive des pays les plus pauvres.

Mais sans énergie, pas de vie, pas de développement !


Or, aujourd'hui, sur notre planète, la surconsommation la plus débridée côtoie des pénuries criantes : un citoyen américain consomme à lui seul 8 tonnes d’équivalent-pétrole par an, alors qu’un habitant du Bangladesh doit vivre avec 40 fois moins.

La consommation d'électricité est encore plus inégale : 7800 kWh par an et par personne en France(1), contre … 42 kWh seulement en Ethiopie(2), soit 185 fois moins !

Et un tiers de la population mondiale reste tout simplement privée d’électricité.


samedi 24 septembre 2011

Coût de la sortie du nucléaire : halte à l'intoxication médiatique

(Cet article était précédemment sur le site de la commission énergie EELV)

Une explosion nucléaire... de milliards !
















Le Figaro annonçait à sa une du jeudi 22 septembre 2011"Plus de 750 milliards d'euros, la facture exorbitante d'un arrêt du nucléaire" suivi d'une interview de Bernard Bigot.

L’invraisemblance de tels propos a suscité de nombreuses réactions indignées.

Voici le communiqué publié par Denis Baupin sur son blog et sur Mediapart en réponse aux assertions fantaisistes de l'article du Figaro.

Vous pouvez également lire l'excellent article de Benjamin Dessus, président de Global Chance, dont nous avons repris l'excellent titre "Une explosion nucléaire de milliards".


Denis Baupin avait rédigé le jour même le communiqué de presse suivant :

Sans doute soucieux de détourner l'attention du quidam des affres des affaires Bazire - Balladur - Sarkozy, un grand quotidien national publie ce matin en "une" la soi-disant information tonitruante suivante : "la facture exorbitante d'un arrêt du nucléaire" surmonté du chiffre "plus de 750 milliards d'euros".

Et le journal de s'appuyer sur une interview du patron du CEA (A comme "atomique") présenté d'ailleurs comme un"sage" et non un "fanatique de l'atome" (il y en aurait donc, dixit le Figaro. On attend la liste : Lauvergeon ? Besson ? Sarkozy himself ?).

En "une" toujours, on nous dit que le patron du CEA "estime que l’arrêt du nucléaire en France couterait plus de 3 fois le chiffrage de 250 milliards d'euros effectué par les allemands". On cherchera pourtant en vain dans l'interview la moindre phrase qui étaye cette "information". Bien au contraire, Bernard Bigot reconnaît honnêtement "Pour ce qui est de la France (...) je crois qu'à ce stade aucun chiffre ne peut raisonnablement être avancé" !

On ne saurait mieux dire. Mais d'où sort donc l'information suffisamment crédible pour que le Figaro la mette ainsi précipitamment en "une". D'une simple règle de trois expliquée dans l'article joint à l'interview : les Allemands auraient chiffré la sortie à 250 milliards ; la France a un parc trois fois plus important que celui de l'Allemagne ; donc le coût de la sortie serait de 750 milliards en France !!!!!

Mais de qui se moque-t-on ? A qui croît-on qu'on puisse faire avaler comme des démonstrations ayant un minimum de crédibilité économique de tels calculs de coin de table ?

Indéniablement toute politique énergétique a un coût. La transition énergétique aura un coût, mais le maintien dans le nucléaire en aurait aussi, et particulièrement douloureux si on y inclue la mise à niveau de sécurité des installations suite à Fukushima, les surcoûts en croissance exponentielle des EPR, la gestion des déchets, une évaluation enfin sérieuse des coûts de démantèlement, et bien sûr, si on veut être sérieux, la prise en compte du coût de l'accident majeur ! Demandez aux japonais quel est le coût du nucléaire ! Pas sûr que leur réponse soit la même qu'avant le 11 mars dernier.

L'association Agir pour l'Environnement a d'ailleurs évalué - sur la base de calculs bien plus sérieux que les règles de trois du Figaro - que le maintien dans le nucléaire aurait un coût - hors accident majeur - de 746 milliards d'euros.
Choisir une stratégie énergétique, évaluer son coût, sont des questions sérieuses, sur lesquelles travaillent des experts depuis de nombreuses années. L'action comme l'inaction ont un coût. Mais les 250 milliards d'euros chiffrés par exemple par les experts allemands sont loin de ne comprendre que des coûts publics. De même les scénarios sur lesquels travaillent les écologistes depuis de nombreuses années - et dont le plus célèbre, le scénario Négawatt, sera rendu public dans une semaine - permettront de définir quels seront demain les coûts et les mécanismes économiques à mettre en place pour une sortie progressive du nucléaire.

Tenter de préempter le débat en affichant des chiffres sortis de nulle part n'est en rien digne d'un média qui se prétend d'information. Il confirme malgré tout que le nucléaire ne fait décidément pas bon ménage avec l'objectivité et la transparence. Gageons qu'il soit aussi le signe d'une certaine fébrilité de ses thuriféraires face à un débat d'enjeu national enfin libéré du tabou qui pesait depuis des décennies.

Denis Baupin

Maire adjoint de Paris chargé du développement durable, de l'environnement et du Plan climat

Co-responsable des négociations programmatiques avec le Parti Socialiste


J'ai trouvé que c'était plutôt bien répondu !

N'oubliez pas également de lire sur Médiapart l'article de Benjamin dessus, le président deGlobal Chance, à qui le Figaro a refusé une réponse : "Une explosion nucléaire... de milliards"(Quel bon titre !)

PS : Combien faut-il de malettes pour faire 750 milliards ?


Crise financière - crise écologique : interview d'Hervé Kempf

Je vous propose de visionner cette interview d'Hervé Kempf réalisée en mars 2011.

Son titre dit tout "Crise financière - crise écologique"


Comment ? Vous ne connaissez pas Hervé Kempf ? 

Alors nous vous proposons de lire cet article qu'il a publié sur le site du Monde Diplomatique : "Comment les riches détruisent le monde"


dimanche 18 septembre 2011

Les chevaux de Troie du nucléaire

Mise à jour des liens le 11 Mai 2014

(Ou comment le nucléaire revient par la petite porte du chauffage électrique.)


Il vous arrivera peut-être un jour de visiter le site équilibre des énergies.J'y ai été invité par un Tweet chaleureux.


C’est vert, c’est beau c’est frais, on dirait presque un site écolo !




On y parle d’énergies, d’équilibre, il y a une belle bannière avec une éolienne qui tourne, et tout et tout !

C’est tendance jeune, il y a des tweets, et même une info décalée sur l'urine comme source d'énergie pour un portable ! (info reprise du site zegreenweb.com).

On se dit voilà un site sympa, et puis on furète un peu.

Et on découvre des choses encore plus "décalées"...

On lit par exemple dans l’édito une poignante défense du chauffage électrique ! Celui-ci est jugé trop pénalisé par la nouvelle réglementation thermique : "…pénalise beaucoup plus lourdement, les logements chauffés à l’électricité que des logements similaires chauffés au gaz construits à la même époque. Pourtant ces logements électriques sont mieux isolés… ".

Alors on commence à se demander qui sont ces ardents défenseurs de la planète, de son climat, etc. Les vaillants paladins se présentent modestement comme : "des praticiens au contact des réalités économiques et sociales sur le terrain, ils considèrent que la maîtrise des énergies doit être d’abord au service des ménages et des professionnels qui utilisent ces bâtiments. Au delà des considérations de commodité et de qualité de vie, ils attachent donc une attention toute particulière aux coûts d’accès à l’énergie : coût d’investissement, charges d’exploitation, facture énergétique ".


Ces preux missionnaires se disent "Venus d’horizons divers" ! Ah bon ? Tiens tiens ! On ne lit pas l’édito jusqu’au bout (on a eu tort) et on va voir qui sont vraiment ces nouveaux chevaliers sauveurs du climat.


En voici quelques-uns :
  • Fédération Nationale des Professionnels Indépendants de l’Electricité et de l’Electronique(Ah bon ?)
  • PROMOTELEC, l’Association de Promotion des usages durables de l’électricité dans le bâtiment résidentiel et petit tertiaire (Est-ce une plaisanterie ?)
  • La Fédération des promoteurs immobiliers (Ben oui, le chauffage par « grille-pain électrique » coûte moins cher à installer qu’un vrai chauffage).
  • EDF !!! (Non non vous ne rêvez-pas)


Encore heureux que ces nouveaux "chevaliers verts" de la défense de la planète jugent utiles de préciser : "Nous souhaitons aussi bénéficier du soutien et de l’expertise des producteurs et fournisseurs d’énergies dès lors qu’ils s’inscrivent dans cette logique d’intérêt général, mais entendons garder notre totale indépendance à l’égard de ce que pourraient être leurs intérêts propres."

Bon assez rigolé, finit-on par se dire. Et l’on retourne lire l’édito, signé du Président de l’association Equilibre des énergies, un certain monsieur,… Jean Bergougnoux, qui n'est pas moins que le Directeur Général honoraire d’EDF !

Et c’est ainsi que votre serviteur honteux et confus, jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus !
(Je n’avais même pas vu cette tour de refroidissement de centrale nucléaire dans leur bannière !)



Ce site est ce que l’on pourrait appeler un "Cheval de Troie du nucléaire".


A peine pourtant si l'on y découvre un article sur cette fatale énergie. Alors peut-être vous demandez-vous pourquoi soudain tant de méfiance de notre part ?

Peut-être même ignorez-vous amis lecteurs, tombés par hasard sur notre modeste site, pourquoi nous qualifions le chauffage électrique d’aberration française ?

Voici ce qu’en dit cet honorable site Belge, Energie + : "Si l'on regarde les choses globalement, suite à son bilan écologique défavorable, l'électricité ne devrait pas être utilisée pour le chauffage des locaux. Au Danemark, le chauffage électrique est interdit depuis 1985 ! Dans le meilleur des cas, une centrale électrique TGV (Turbine-Gaz-Vapeur) produit de l'électricité avec un rendement de 55 %. Alors que les rendements de production des chaudières au gaz sont de 92 %, voir nettement plus s'il s'agit d'une chaudière à condensation.
Passer par une centrale électrique pour faire de la chaleur, c'est vraiment utiliser un très mauvais vecteur intermédiaire. En comparaison, passer par de l'eau chaude est proportionnellement beaucoup plus efficace. On pourrait donc réserver la production d'électricité à des missions plus nobles (télécommunication, bureautique, éclairage, moteurs, ...)."


Nous vous conseillons également de lire cette étude de Greenpeace sur le chauffage électrique :


En voici un extrait :
"Le chauffage électrique représente 10% de la consommation nationale d’électricité et 36% de la consommation des ménages. Il équipe 30% de logements en France. Le parc français de chauffage électrique représente la moitié du parc européen.
Sur les 7 millions de logements chauffés à l’électricité, on trouve 3 millions d’appartements et 4 millions de maisons individuelles. Près de 60% de ces logements datent d’avant 1982 et ne disposent pas d’une isolation thermique efficace."


Vous pouvez également lire cet article, et moins récent, mais hélas toujours vrai :http://www.dissident-media.org/stop_nogent/82_chaufage_electric.html

Ainsi que ce document de Global Chance sur la soit-disant vertue du chauffage électrqiue : http://www.global-chance.org/IMG/pdf/GC25p18.pdf


Pour résumer, le choix du chauffage électrique a été fait en France pour justifier le déploiement de l’industrie nucléaire après le premier choc pétrolier. D’autres pays à la même époque, comme la Suède par exemple, on choisit de s’affranchir de la dépendance au pétrole en développant les énergies renouvelables (Stockholm, première capitale verte), la France, qui avait déjà la bombe atomique,  a préféré chauffer des bâtiments avec de l’électricité produite par le nucléaire.


L'histoire du "grille-pain d'EdF" en vidéo

Le site terraeco.net a réussi à faire l'historique des principales campagnes de pubs d'EdF depuis 1972, c'est un vrai petit bijou !
Allez vite voir sur ce lien : Comment EdF a vendu le grille-pain à la France


Un petit conseil pour finir

Rappelez-vous ce précieux conseil amis lecteurs : « Tout ce qui est vert sur le web ne sent pas toujours la chlorophylle ! ».


Mise à jour au 6 Novembre 2013 :

Equilibre des Energies continue sa belle aventure sur les chemins radieux du nucléaire. Lisez cet article sur le site de BFMTV, c'est ce que l'on appelle un exemple du genre !

Un titre comme ça, cela ne s'invente pas ! : Le logement tout électrique: la solution d'avenir de la transition ?