samedi 31 juillet 2010

La fabrication du consentement


Pour qui nous prenons-nous à Transitio de vouloir traiter de pareils sujets ?

(Quand je dis "nous, c'est parce que je vous compte avec"moi")


Il s'agit pour moi en effet d'être honnête avec vous. Je me mêle en effet à mon modeste niveau de vous informer comme je le peux. Mais il me semble utile de vous donner aussi des moyens d'analyser, voire de critiquer l'information. Raison pour laquelle j'ai d'ailleurs créé cette rubrique "Desinfo" .

Voici pourquoi je reproduis cet article que j'ai déjà publié en d’autres temps sur un autre site et qui parle du livre de Noam Chomsky et Edward Herman.





Comment ? Vous ne connaissez pas Noam Chomsky ?

Les recherches de Chomsky ont joué un rôle crucial dans ce que l’on appelle la « révolution cognitive ». Sa critique du Verbal Behavior (« Comportement verbal ») de Skinner en 1959, a remis en question l’approche comportementale de l’étude de l’esprit et du langage, qui dominait dans les années 1950. Son approche naturaliste de l’étude du langage a également eu un grand impact en philosophie du langage et de l’esprit7. Il a également établi la hiérarchie de Chomsky, moyen de classification des langages formels en fonction de leur pouvoir de génération.

En parallèle de sa carrière scientifique, Noam Chomsky mène une intense activité militante depuis le milieu des années 1960 lorsqu’il a pris publiquement position contre l’engagement américain au Viêt Nam. Sympathisant du mouvement anarcho-syndicaliste et membre du syndicat IWW, il a donné une multitude de conférences un peu partout dans le monde et a publié de nombreux livres et articles dans lesquels il fait part de ses analyses historiques, sociales et politiques. Ses critiques portent tout particulièrement sur la politique étrangère des États-Unis d’Amérique et le fonctionnement des mass médias.

L’ouvrage de Noam Chomsky et Edward Herman, Manufacturing consent, est publié dans sa version intégrale sous le titre La fabrication du consentement aux Editions Agone.


Voici la présentation qu’en fait l’éditeur :

« Dans cet ouvrage, désormais un classique outre-Atlantique (1988, rééd. 2002), les auteurs présentent leur « modèle de propagande », véritable outil d’analyse et de compréhension de la manière dont fonctionnent les médias dominants. Ils font la lumière sur la tendance lourde à ne travailler que dans le cadre de limites définies et à relayer, pour l’essentiel, les informations fournies par les élites économiques et politiques, les amenant ainsi à participer plus ou moins consciemment à la mise en place d’une propagande idéologique destinée à servir les intérêts des mêmes élites. En disséquant les traitements médiatiques réservés à divers événements ou phénomènes historiques et politiques (communisme et anticommunisme, conflits et révolutions en Amérique Latine, guerres du Vietnam et du Cambodge, entre autres), ils mettent à jour des facteurs structurels qu’ils considèrent comme seuls susceptibles de rendre compte des comportements systématiques des principaux médias et des modes de traitement qu’ils réservent à l’information. Ces facteurs structurels dessinent une grille qui révèle presque à coup sûr comment l’inscription des entreprises médiatiques dans le cadre de l’économie de marché en fait la propriété d’individus ou d’entreprises dont l’intérêt est exclusivement de faire du profit ; et comment elles dépendent, d’un point de vue financier, de leurs clients annonceurs publicitaires et, du point de vue des sources d’information, des administrations publiques et des grands groupes industriels. »
Vous trouverez un long extrait de ce fameux livre sur le site suivant : http://www.acrimed.org/article3010.html

Je ne peux résister au plaisir de vous faire lire ces 2 extraits :

Des médias subventionnés Afin de renforcer leur prédominance comme sources d’information, les fabricants gouvernementaux et commerciaux d’information se donnent beaucoup de peine pour faciliter la vie des médias. Ils mettent à leur disposition des locaux, font parvenir à l’avance aux journalistes les textes des discours et des rapports, ajustent les horaires des conférences de presse en fonction des délais de bouclage ; rédigent leurs communiqués dans un langage qui peut être facilement repris ; veillent à la mise en scène de leurs conférences de presse et de leurs séances photo. C’est le travail des chargés de communication que de « répondre aux besoins et à la temporalité journalistique en leur livrant un matériel préparé clés en main par leurs services ». Dans les faits, les grandes bureaucraties des puissants subventionnent les médias et s’y assurent un accès privilégié en réduisant les coûts des nouvelles brutes et de production de l’information. Elles deviennent ainsi des sources d’information « de routine » et ont libre accès aux médias tandis que les autres sources doivent se battre pour obtenir un accès et peuvent être ignorées pour cause d’arbitraire des gate-keepers [portiers de l’information].
Des experts La relation entre pouvoir et sources d’information dépasse le simple approvisionnement en nouvelles quotidiennes par les autorités et les entreprises incluant la livraison d’« experts ». La prédominance des sources officielles demeure vulnérable face à l’existence de sources non-officielles extrêmement respectables qui délivrent les points de vue dissidents avec une grande autorité. Le problème est contrôlé grâce à « la cooptation des experts » - c’est-à-dire en les rémunérant comme consultants, en finançant leurs recherches, en organisant des think tanks qui les emploieront directement et aideront à diffuser leur message. De la sorte, on peut créer des biais structurels en orientant la mise à disposition d’experts dans la direction souhaitée par les autorités et « le marché ». Comme le soulignait Henry Kissinger, dans cet « âge des experts » la « communauté » des experts est constituée par « ceux qui ont un intérêt particulier dans les opinions communément admises, élaborant et définissant ces consensus à un haut niveau ; c’est ce qui en fait, en dernière analyse, des experts ». Une telle évolution est tout à fait logique pour permettre aux opinions les plus communément admises (à savoir celles qui servent au mieux les intérêts des élites) de continuer à prévaloir.

Un dernier mot !
Le livre décrit principalement ce qui se passe aux états unis, pas chez nous en France. Vous êtes rassurés ? Wink



Savez-vous lire les camemberts ?

Cet article vous aidera (aussi) à critiquer Transitio ! Wink


Vous voulez apprendre à déjouer les pièges grossiers du "prêt à penser", ou plus simplement aiguiser votre esprit critique ?

Alors n'hésitez pas, procurez-vous et surtout lisez, cet indispensable ouvrage au titre si évocateur !


















Savez-vous lire les camemberts, les histogrammes, ou les courbes de Gauss ?
Le mot statistique vous fait-il peur ?
Vous posez-vous les bonnes questions lorsque l’on vous présente des données ?
Qui produit les données que je lis ?
  • Celui ou celle qui les présentent ?
  • Quelqu’un d’autre ?
  • En son nom personnel ou au nom d’un organisme ?
  • Quel est la réputation de cet organisme ?
  • A-t-il ou non des intérêts dans la question discutée ?
  • A-t-il fourni les données, leur interprétation, ou les deux ?
  • Quels biais conscients ou inconscients pourraient affecter la présentation des données ?
  • Combien de cas ont été étudiés ?
  • Comment les a-t-on réunis ?
  • Est-ce suffisant ?
  • Les données sont-elles contextualisées ou non ?

Arrêtons la liste ici, car elle fait 3 pages dans l’ouvrage de Norman Baillargeon dont je vous conseille la lecture attentive : PETIT COURS D’AUTODÉFENSE INTELLECTUELLE

Normand Baillargeon enseigne les fondements de l’éducation à l’Université du Québec. Dans son ouvrage, il nous propose d’apprendre à raisonner de manière critique aux flots d’informations auxquels nous sommes soumis dans la vie de tous les jours.
Au travers de cinq axes majeurs, Norman Baillargeon développe toute une méthodologie visant l’éducation à la pensée critique et au scepticisme.
Chaque partie est émaillée de nombreux exemples que l’auteur prend plaisir à remettre en cause. Les fondements de la pensée critique se caractérisent par deux principes indissociables : 
  • Le scepticisme « rien n’est acquis, tout doit se justifier »
  • L’ouverture d’esprit « être ouvert à la nouveauté et à d’autres argumentations ».

Ce livre est un véritable manuel de détection de la supercherie universitaire, politique ou commerciale dont nous sommes parfois victimes.

Comme le suggère Noam Chomsky, « un tel cours d’autodéfense intellectuelle devrait être inscrit au programme de tout système d’éducation qui se respecte », c’est ce qu’a essayé de faire l’auteur avec cet ouvrage, d’où le côté pédagogique omniprésent et l’utilisation d’un style imagé, de nombreuses citations et une foule d’exemples et de graphiques rendant cet ouvrage accessible à tous.

A cette présentation du livre, il faut ajouter que celui-ci contient également beaucoup d’humour.
Ce petit manuel d’auto-défense est donc passionnant, drôle et surtout, utile !

Vous pouvez télécharger une version allégée de cet ouvrage par le lien suivant : RÉSUME DU PETIT COURS D’AUTODÉFENSE INTELLECTUELLE


Je vous propose également d'écouter cette interview de Norman Baillargeon à propos de son livre.

NORMAND BAILLARGEON 1/3 par lazarusmirages
NORMAND BAILLARGEON 2/3 par lazarusmirages
NORMAND BAILLARGEON 3/3 par lazarusmirages













vendredi 30 juillet 2010

Propaganda : Information ou ingénierie sociale ?


J'inaugure la rubrique "Désinfo" (Désinformation) par un article sur un petit livre dont la lecture me semble presque indispensable...

"PROPAGANDA" - Comment manipuler l'opinion en démocratie"


Publié chez ZONES









Avez-vous entendu parler d’Edward Bernays ?

Voici ce qu’en dit Wikipedia : Edward Louis Bernays, né à Vienne en Autriche le 22 novembre 1891 et mort à Cambridge (Massachusetts) le 9 mars 1995, est considéré comme le père de la propagande politique institutionnelle et de l’industrie des relations publiques, dont il met au point les méthodes pour des firmes comme Lucky Strike. Son œuvre aborde des thèmes communs à celle de Walter Lippmann, notamment celui de la manipulation de l’opinion publique. Il fit à ce titre partie du Committee on Public Information créé par Woodrow Wilson pour gagner l’opinion publique américaine à l’entrée en guerre des États-Unis en 1917. Il est le neveu de Sigmund Freud.


Je ne saurais trop vous recommander la lecture de son livre publié en 1928 : PROPAGANDA.

On y apprend que la propagande politique au XXe siècle n’est pas née dans les régimes totalitaires mais au cœur même de la démocratie libérale américaine. Goebbels, l’ignoble ministre de l’éducation et de la propagande, sous le 3ème Reich, avait lu ce livre...

La maison d’édition ZONES qui publie ce livre en France, met l’intégralité du texte de celui-ci en ligne sur son site !

Vous pouvez également visionner un documentaire intéressant sur Propaganda : http://www.editions-zones.fr/spip.php ?article33

Lisez ce livre sur le site de l’éditeur ZONES achetez le aussi, et prêtez-le !


Voici un extrait qui vous donnera une petite idée :

« L’instruction généralisée devait permettre à l’homme du commun de contrôler son environnement. A en croire la doctrine démocratique, une fois qu’il saurait lire et écrire il aurait les capacités intellectuelles pour diriger. Au lieu de capacités intellectuelles, l’instruction lui a donné des vignettes en caoutchouc, des tampons encreurs avec des slogans publicitaires, des éditoriaux, des informations scientifiques, toutes les futilités de la presse populaire et les platitudes de l’histoire, mais sans l’ombre d’une pensée originale. Ces vignettes sont reproduites à des millions d’exemplaires et il suffit de les exposer à des stimuli identiques pour qu’elles s’impriment toutes de la même manière. »


Edifiant, non ?

jeudi 22 juillet 2010

Transition oblige, l'Institut Français du Pétrole change de nom

Transition énergétique oblige...

L’institut Français du Pétrole communique :







J'ai trouvé cette information sur le site d’Euro Energies

Ce changement de nom traduit l’engagement de l’IFP en faveur de recherches dans les domaines des énergies fossiles et des énergies nouvelles dont l’objectif est de préparer la transition énergétique nécessaire à l’évolution de nos sociétés.

Intégré à la loi portant engagement national pour l’environnement (dite Loi Grenelle 2) qui vient d’être promulguée, le changement de dénomination de l’IFP en IFP Energies nouvelles entre en vigueur. Proposée par le ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer (MEEDDM), cette nouvelle dénomination met en cohérence le nom de l’IFP avec la finalité et la réalité de ses programmes de recherche, davantage tournés vers les nouvelles technologies de l’énergie (NTE). Elle marque également la reconnaissance de l’IFP, par les pouvoirs publics, comme un acteur majeur du domaine des énergies, renouvelables et fossiles.

Ce changement de nom avait été annoncé par le Président de la République qui avait indiqué, le 9 juin 2009 à Chambéry, que la dénomination de l’IFP « ne fait pas justice à la contribution qu’il apporte aux énergies nouvelles ». En effet, si en 2000 l’activité de l’IFP était principalement dédiée aux hydrocarbures, aujourd’hui 50 % de ses programmes de R&D sont consacrés au développement des NTE (véhicules économes, hybrides et électriques, biocarburants et chimie verte, captage et stockage du CO2, etc.).

L’évolution de la stratégie de l’IFP, initiée en 2003 et structurée dans le contrat d’objectifs 2006-2010, s’inscrit dans un contexte énergétique et environnemental mondial en pleine mutation. Face au double défi de l’énergie (augmentation de la demande mondiale, dépendance aux ressources fossiles) et du climat, la conduite d’une transition énergétique vers un système moins carboné s’impose comme une nécessité. Compte tenu de l’inertie du système énergétique (durée de vie des installations industrielles, temps indispensable pour que les solutions alternatives arrivent à maturité), une période de transition est nécessaire pour faire évoluer les parts respectives des énergies fossiles et renouvelables.
La conservation du sigle IFP et l’ajout du terme Energies nouvelles reflètent très exactement ce positionnement, celui d’une transition fondée sur un mix énergétique incluant énergies renouvelables et énergies fossiles. Par ses recherches innovantes et à finalité industrielle, IFP Energies nouvelles favorisera l’émergence des technologies "vertes" de demain tout en capitalisant sur ses activités historiques liées aux hydrocarbures. L’IFP mettra au service du développement de ces filières "vertes" les compétences de pointe qu’il a développées dans le secteur pétrolier et gazier et qui pourront être redéployées dans le domaine des NTE, ainsi que son expérience en matière de valorisation et de création d’entreprise.

La nouvelle dénomination, non seulement entérine les évolutions du périmètre d’activité d’IFP Energies nouvelles engagées depuis 2003, mais les renforce, en lien avec le futur contrat d’objectifs 2011-2015. Dans le cadre de ce contrat, IFP Energies nouvelles va en effet poursuivre et intensifier ses travaux dans le domaine des NTE, en intervenant dans de nouveaux domaines liés aux énergies renouvelables, dont les énergies marines, la gestion de l’eau et plus généralement les éco-industries.

Par ailleurs, la nouvelle appellation permet de maintenir la marque IFP, dont la notoriété est fortement ancrée surtout à l’international.

IFP Energies nouvelles traduit donc l’engagement fort de l’entreprise, déjà à l’œuvre depuis une dizaine d’années, au service du développement durable. Un engagement à développer des solutions innovantes pour une transition maîtrisée vers un système énergétique durable et moins carboné.

Vous pouvez vous faire une idée en allant sur cette page de leur site : IFP Energies nouvelles